Ouvrages

 

Jonathan Durand Folco. Septembre 2017. À nous la ville! Montréal : Écosociété.

241 C1 webLes villes peuvent-elles changer le monde ? Considérées comme les espaces où se joueront en grande partie les luttes politiques du XXIe siècle, les villes tardent pourtant à susciter l’attention qu’elles méritent dans les cercles progressistes. Pour Jonathan Durand Folco, la gauche doit urgemment investir cet espace politique qui est au centre des enjeux sociaux, économiques et écologiques du XXIe siècle et qui possède un potentiel de transformation inédit.

Prenant appui sur de solides bases théoriques, nourri des expériences d’ici et d’ailleurs, l’auteur expose les contours d’une nouvelle stratégie politique : le municipalisme. Il montre que la ville est au cœur des contradictions du capitalisme avancé, qu’une tension de plus en plus forte s’exprime entre le développement de la « ville néolibérale » et les revendications du « droit à la ville », et que la question écologique, la spéculation immobilière et la défense des communs sont au centre des mobilisations citoyennes.

Cherchant à dépasser le clivage ville/région et à surmonter les écueils posés par les stratégies de transformation sociale « par le haut » ou « par le bas », Jonathan Durand Folco donne des pistes pour s’organiser et passer à l’action. Comment penser le front municipal ? Comment articuler les échelles locale, nationale et internationale dans la perspective d’une République sociale vue comme Commune des communes ? À quels problèmes organisationnels faisons-nous face ? Cela passerait-il par la création d’un Réseau d’action municipale ? Et selon quelles valeurs et quels principes organisationnels ? Autant de questions auxquelles tente de répondre l’auteur pour réhabiliter la municipalité comme espace politique et vecteur de transformation sociale.


Lucie Sauvé , Isabel Orellana , Carine Villemagne , Barbara Bader. Avril 2017. Éducation, Environnement, Écocitoyenneté - Repères contemporains. Éducation, Environnement, Écocitoyenneté - Repères contemporains. Montréal : Presses de l'Université du Québec.

280x0 D4668 pnSi au cours des 40 dernières années le champ de l’éducation relative à l’environnement s’est largement déployé, la nature des enjeux socioécologiques actuels appelle à un nouvel examen des assises de ce champ et à l’explicitation des courants qui émergent.

Le présent ouvrage offre donc une mise à jour de plusieurs fondements de l’action éducative en matière d’environnement. Au fil des chapitres, les auteurs proposent un «patrimoine» de repères contemporains pour inspirer et fonder cette action, c’est-à-dire toute forme d’éducation ayant trait au rapport personnel et social au milieu de vie: l’éducation à la nature, à la conservation, à la santé environnementale, au développement durable, etc.

Ces repères sauront rejoindre les enseignants en formation initiale et continue, de même que toutes les personnes qui œuvrent dans les domaines de la formation, de l’éducation spécialisée, de l’animation, de l’interprétation, de la médiation ou de la communication. Ils pourront nourrir leur réflexion éducative, donner plus de signification et de pertinence à leur pratique et inspirer ces professionnels pour qu’ils sachent mieux arrimer leur travail pédagogique aux enjeux et aux défis actuels d’ordres socioécologique, épistémologique, éthique, politique et autres.


Pierre Batellier et Marie-Ève Maillé. Avril 2017. Acceptabilité sociale: sans oui, c'est non. Montréal : Écosociété.

235 C1 webL’acceptabilité sociale existait bien avant qu’on en parle, mais elle portait simplement d’autres noms: conflit, controverse, opposition, crise, débat, appui populaire... Depuis une dizaine d'années, cet enjeu est au cœur des débats sociaux et politiques entourant les grands projets de développement, du Plan Nord à Énergie Est, en passant par l'éolien et le gaz de schiste. Mais qu'est-ce que l'acceptabilité sociale, au juste? S'agit-il d'une nouvelle stratégie pour «fracturer le social afin de mieux l’exploiter»? Que recouvre cette notion un peu fourre-tout?

Bien que le gouvernement du Québec ait publié en 2017 des Orientations en matière d’acceptabilité sociale, le terme n’est à ce jour inscrit dans aucune loi. Dans la sphère publique, son utilisation évacue les nuances et tend à réduire les éléments du débat à des caricatures, ce qui mine la capacité d’agir des citoyen.ne.s et renforce le pouvoir des élites économiques et politiques.

Avec beaucoup de rigueur et une bonne dose d’humour, Pierre Batellier et Marie-Ève Maillé nous invitent à un exercice de déconstruction des dichotomies présentes dans le discours entourant l’acceptabilité sociale: les promoteurs et les opposants; les «pour» et les «contre»; les gens concernés et les opportunistes (ou la représentativité à géométrie variable); l'égoïste et le bon citoyen (ou le syndrome du «pas dans ma cour»); les faits et les opinions; la rigueur et les émotions; la majorité et la minorité; le conflit et la paix sociale; ce qui compte et ce qui se compte… sans oublier un angle mort important dans le débat: les femmes.

Il est grand temps de penser l’acceptabilité sociale des grands projets de développement autour du dialogue, de la confiance et du consentement collectif. Parce que, même en ce qui concerne le territoire, sans oui, c'est non...


Alain Deneault. Mars 2017. De quoi Total est-elle la somme? Montréal : Écosociété.

237 C1 webComploter, coloniser, collaborer, corrompre, conquérir, délocaliser, pressurer, polluer, vassaliser, nier, asservir, régir : autant de moyens employés par les multinationales pour faire et défaire les lois et asseoir leur domination sur nos régimes politique et économique. Faire la somme d’une société pétrolière comme Total, c’est faire la cartographie de cette institution qui domine nos sociétés en ce début de XXIe siècle.

En se penchant sur le cas d’école de la multinationale Total, active dans plus de 130 pays, Alain Deneault montre comment l’état du droit et la complicité des États ont permis à une firme, légalement, de comploter sur la fixation des cours du pétrole ou le partage des marchés, de coloniser l’Afrique à des fins d’exploitation, de collaborer avec des régimes politiques officiellement racistes, de corrompre des dictateurs et des représentants politiques, de conquérir des territoires à la faveur d’interventions militaires, de délocaliser des actifs dans des paradis fiscaux ainsi que des infrastructures dans des zones franches, de pressurer des régimes oligarchiques en tirant profit de dettes odieuses, de polluer de vastes territoires au point de menacer la santé publique, de vassaliser des régimes politiques pourtant souverains en théorie, de nier des assertions de façon à épuiser des adversaires judiciaires, d’asservir des populations et de régir des processus de consultation. Chacun de ces verbes fait l’objet d’un chapitre. Ils représentent une série d’actions sidérantes que l’ordre politique actuel ou récent a permis à des multinationales de mener en toute impunité, indépendamment des textes législatifs et des institutions judiciaires, voire grâce à eux.

À un totalitarisme psychotique qui a marqué de son empreinte le jeu politique jusqu’au milieu de XXe siècle s’est substitué un totalitarisme pervers. Puisqu’il est toujours plus aisé de combattre une entité que l’on comprend, De quoi Total est-elle la somme ? nous rappelle que les peuples doivent urgemment reconquérir leur souveraineté politique.


Louis Favreau. Février 2017. Mouvement communautaire et État social : Le défi de la transition sociale-écologique. Montréal : Presses de l'Université du Québec.

280x0 D4653 pnLa plupart des travaux de recherche conviennent que, après 50 ans d’existence, le mouvement communautaire a contribué sans équivoque au développement d’un État social au Québec. Aujourd’hui, il est cependant à un tournant, certains parlant même de crise. Quel est son avenir ? Peut-on encore espérer son apport au renouvellement de cet État social lui-même en crise ? A-t-il une capacité d’initiative face aux menaces écologiques qui pèsent sur notre société et tout particuliè­rement sur la santé et la sécurité de nos communautés (forte pollution des quartiers populaires, pipelines sur des milliers de kilomètres, trains de matières dangereuses) ? Telles sont les questions abordées dans cet ouvrage à la lumière des meilleurs travaux de la dernière décennie.

L’association entre les questions écologiques et sociales apparaît aujourd’hui de plus en plus forte. « C’est le même combat », disent plusieurs. La menace écologique, par son ampleur, peut nous para­lyser, mais la lutte contre ce danger, combinée à l’enjeu de la santé et de la sécurité de nos communautés, peut être mobilisatrice. De plus, l’horizon d’un État social-écologique pourrait devenir notre futur des années 2015-2025, comme l’ont été les années 1960-1970 dans la construction d’un État social québécois. Avec d’autres mouvements, le « communautaire » est au cœur de cette dynamique sociale. Quel est alors le rôle qu’il pourrait y jouer et quelles sont les conditions d’une transition sociale-écologique au Québec ?

Fruit condensé du long parcours d’un enseignant et chercheur dans le domaine mais aussi d’un militant et intervenant depuis près de 50 ans, cet ouvrage fait ressortir les lignes directrices d’un renouvellement de ce mouvement communautaire composé de 8 000 organisations et de dizaines de milliers d’employés. À ce titre, il intéressera tout autant les professionnels engagés dans ce type d’activités que les chercheurs et étudiants en travail social, en organisation communautaire et, plus généralement, en sciences sociales.